La slow attitude, un mouvement vers le mieux-être

La slow attitude plutôt que la speed life ! Un ralentissement est-il nécessaire dans notre vie accélérée ? Vivre à fond, utiliser au maximum le temps dont on dispose pour ne pas en perdre une seconde. Multiplier les activités. Se dépenser sans compter… Une course contre la montre qui nous enferme dans une tour d’ivoire de laquelle on ne voit plus rien… Car à trop empiler les actions, comme on empilerait des assiettes, on risque fort, à un moment donné, de tout faire dégringoler .

 

La slow attitude, un mouvement nécessaire pour un retour à l’essentiel. Dans nos challenges quotidiens, nous confondons le « trop être » avec le mieux-être, la quantité avec la qualité. C’est ce que constate le journaliste Carl Honoré, auteur du livre « Éloge de la lenteur », publié en 2004, qui considère que nous vivons « dans une culture de consommation : nous voulons tout faire, et surtout, réussir à tout faire. » Nous serions, selon lui, devenus « des drogués de l’activité. »

Ainsi, vivrions-nous dans l’illusion que c’est en faisant le plus de choses, le plus rapidement possible, qu’on a le plus de chance de profiter et de réussir sa vie. Que nenni ! Dans le monde du travail, notamment, le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, ne manque pas de nous le rappeler. Une étude du cabinet Technologia, publiée en mai 2014, montre en effet que 3,2 millions de Français sont exposés à un risque élevé de burn-out professionnel. Que dire des ondes de choc dans notre vie familiale et sentimentale ?

 

La slow attitude, une réponse à un besoin

Plutôt que d’être un « hyperactif stressé », certains ont choisi d’être un « cool décomplexé ». Au départ, avant de devenir un état d’esprit, la slow attitude est une réaction à une vie toujours plus exigeante, trépidante, épuisante. C’est une prise de conscience porteuse de questionnements. Jusqu’où sommes-nous capables d’aller dans le toujours plus vite ? Que risquons-nous de négliger, de perdre, de saboter ?

Ralentir, c’est se reconnecter à soi et aux autres, c’est prendre le temps de regarder les êtres et les choses qui nous entourent, c’est décider d’accorder de l’importance à ce qui le mérite vraiment.

Prendre le temps de dialoguer avec ses proches, de manger tranquillement, de partager de vrais moments ensemble, sans téléphone mobile, sans télévision. Prendre soin de soi, de son corps et de son apparence. Choisir les vêtements, les bijoux qui nous ressemblent. Se réserver des temps de pauses durant la journée. Prévoir des week-ends ressourçants, régulièrement dans l’année. Privilégier la qualité à la quantité . Ces changements de positionnements, face à notre société chronophage, constituent sans doute la meilleure réponse au stress dévitalisant qu’elle nous inflige.

 

Une tendance de plus en plus répandue

Slow City, Slow Management, Slow Money, Slow Marketing, Slow Made, Slow Science, Slow Education, Slow Art, Slow Design, Slow Cinema, Slow Health, Slow Home, Slow Fashion et même… Slow Fit (ajustement lent), de nos jours on mangerait presque la Slow attitude à toutes les sauces. La slow attitude a d’ailleurs son jour de célébration. Le 21 juin, connu en France pour sa fête de la musique, est aussi la journée internationale de la lenteur.

C’est d’un mouvement contre les effets néfastes du fast-food et de l’industrie agroalimentaire, initié par l’italien Carlo Petrini à la fin des années 80, que la slow attitude s’est progressivement développée.

Après la Slow City, concept créé en 1999, qui revendique la « conscience du temps », la qualité de vie citadine, le développement des espaces verts, des zones piétonnes mais également le respect des traditions locales ainsi que l’hospitalité, d’autres idées slow sont nées.

On la retrouve dans certaines grandes entreprises comme Time Warner ou Yahoo qui mettent en avant l’action positive d’une vraie pause détente pour un meilleur rendement au travail. C’est aussi le principe du slow management, initié par les fondateurs de Hewlett Packard et repris par Jack Welch le patron de General Electric, qui tendent à privilégier le « toujours mieux plutôt que le toujours plus » en donnant plus de temps à leurs collaborateurs ainsi qu’à leurs salariés.

 

La Slow attitude pour un mieux-être

La Slow attitude ne signifie pas, bien évidemment, ne plus jamais aller vite. C’est simplement s’accorder des moments de vraie présence à soi, aux autres et à notre environnement. Prendre le temps par exemple de regarder la feuille qui tombe doucement de l’arbre ou de contempler le ballotement d’une plume d’oiseau qui flotte dans l’air… Être présent à ce moment pourrait sembler dérisoire à certains, invisible à d’autres. Il nous permet cependant de renouer avec l’essentiel : notre environnement et notre être profond. Être dans l’instant, c’est prendre conscience d’être là et, dans une plus large mesure, reprendre le contrôle de sa vie.

La slow attitude, c’est se donner le temps nécessaire pour trouver notre équilibre interne, celui qui va nous permettre de développer notre rayonnement intérieur. Vivre en harmonie avec soi-même participe à l’ouverture au monde et aux autres. Forts de ces idéaux, on se prendrait presque à rêver à un monde meilleur ! Pas vous ?


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